Les prises batterie sont assez inégale même si je pense que celle de "breakfast with ganesh" est pas mal du tout (c'est la dernière qu'on a faite).
Grosso modo je m'y prends comme ça :
1) Je place les overhead en paire X/Y (les "pointes" des 2 overheads se touchent quasiment entre elles), pas forcément en "symétrie" par rapport à la batterie mais de sorte à ne pas prendre trop de toms (typiquement, se mettre face à la batterie et non "du point de vue du batteur", qui lui est très mal placé) et d'avoir suffisament de caisse claire, de GC et de cymbales bien sur. La hauteur détermine pas mal l'image qu'on a de la batterie. Ne pas trop chercher à mettre l'accent sur les cymbales, elles ressortent de toute façon trop (tous les batteurs ont tendance à trop cogner les cymbales et pas assez les fûts..) et c'est pas très compliqué de les isoler avec une équa. Le fait de placer les overheads en paire X/Y permet de s'affranchir de pas mal de problèmes de phase entre les divers éléments de la batterie, c'est une méthode "facile" et efficace par rapport à un placement des overheads éloignés qui dans l'absolu peut donner de meilleurs résultats mais est à réserver à des mecs ayant de la bouteille et de bonnes conditions d'écoute. J'ai vu aussi que certains producteurs renommés remplaçaient les overheads par un micro à ruban stéréo... très certainement une des meilleures méthodes, faut juste avoir les moyens...
2) je place micros toms, GC, caisse claire. Ca m'est arrivé d'en utiliser un pour le charley, c'est pas mal mais ça a tendance à intéragir avec la snare, à faire prudamment. Là y a pas de secrets, faut tester les positions, élément par élément et aussi en situation quand le batteur joue un riff... La serviette est particulièrement utile dans la GC, je préfère utiliser un pied indépendant pour le micro snare (que j'ai tjs enregistrée avec un SM57). Pour les micros tom il faut chercher à les isoler autant que possible du reste de la batterie, en les orientant bien. Toujours pareil, la qualité des micros joue pas mal, pour certaines prises on m'a prêté une malette shure et c'est le jour et la nuit par rapport à une malette à 150 € (qui elle-même n'était pas complètement bas de gamme). Pour le placement des éléments par rapport aux peaux, de manière empirique j'ai déterminé que plus t'es incliné et plus tu compresses, plus t'es centré et plus tu chopes l'attaque et moins de résonance. Tout ça semble logique mais dans tous les cas rien ne remplace l'écoute, le visuel n'est qu'une indication plutôt mauvaise.
3) Pour tester tout ça, j'écoute le rendu en mono, sans effet, rien du tout. Les overheads seuls doivent déjà être très proches du résultat attendu, les autres micros doivent isoler autant que possible leur élément respectif et (pour moi) mettre plutôt l'accent sur l'attaque vu que la sonorité est déjà assez présente sur les overheads. Pour tester le rendu, le batteur ne doit surtout pas faire du solo (c'est totalement inutile et contre-productif), ni jouer les éléments un par un, mais faire 2, 3 riffs "d'école" aux styles un peu variés. Pour les gains, c'est pareil, il faut demander au batteur de cogner les éléments un par un mais aussi et surtout de jouer un riff "fort" pour être sur de ne pas avoir de clipping.
Ensuite vient la production...
La première chose que je fais, c'est de ne mettre aucun panning sur aucune piste. Ensuite, j'ajuste la phase de chaque micro par rapport aux overheads : j'active uniquement les 2 pistes des overheads et du micro que je veux ajuster, et je déplace de quelques ms la piste du micro en question. D'abord visuellement, pour que les formes d'ondes aient l'air de coïncider, puis à l'oreille, en bouclant des passages très courts, pour avoir une sonorité qui me semble la plus naturelle possible.
Une fois ça de réglé pour chaque piste de batterie, j'active toutes les pistes, tout en mono, je dois avoir un rendu déjà plus naturel de la batterie.
Personnellement, dans les quelques mixes que j'ai faits, j'ai toujours trouvé qu'avec le placement des micros, c'était cette étape qui avait la plus grande incidence sur le son de la batterie. Elle est vraiment à prendre au sérieux et à faire consciencieusement, ça vaut vraiment le coup.
Ensuite seulement je m'occupe du panning (et encore, pas forcément, des fois je le fais plus tard... c'est pas bien important, le seul truc primordial est d'avoir réglé les phases
avant de gérer le panning). Je panne mes 2 overheads aux 2 extrêmes, puis j'écoute la position des éléments et j'essaye de calquer chacun de mes micros sur la position spatiale donnée par les overheads.
Après je gère le mix, selon ce que je veux mettre en avant. Je ne mets quasiment rien sur les overheads, surtout pas de compresseur, juste un peu d'équa pour mettre ce que je cherche en avant (souvent une légère bosse de brillance). J'essaye de compresser au minimum, si je mets du compresseur c'est plutôt pour éviter des pics trop importants genre frappes trop inégales (réglages du compresseur : attack assez rapide, release long, rate entre 3 et 6 - note : plus l'attack du compresseur est "lente" et plus on chope de dynamique, c'est contre intuitif attention). Pour les toms j'ai tendance à mettre un gate , ça me permet de mettre en évidence leur attaque et de limiter la repisse. Les équas on évite d'en mettre trop sur la GC, si on coupe trop fort les aigus on perd énormément de patate. Par contre au niveau des toms je suis souvent obligé de mettre pas mal d'équas et notamment des notchs pour gommer certaines fréquences de résonance causées par d'autres éléments.
Régulièrement, je désactive les sections d'effets pour voir si ce que j'ai fait change quelque chose / en bien...
D'une manière générale, mieux le boulot est fait en amont (placement, qualité des micros ; mise en phase des prises) et moins on a de travail à faire au niveau des effets et du mixage. Avoir très peu de travail au niveau des effets est très bon signe.
Le dernier truc que je fais avec ma batterie est de lui rajouter une piste de reverb légère, prélevée sur l'ensemble du mix.
Voilà, j'espère que la lecture était pas trop m**dique...
